Interview de Myriam Underwood, créatrice de la marque La révolution textile

Au printemps 2014 je découvrais un très beau projet : un vêtement qui relevait le pari fou d’être 100% fabriqué en France et dont tout le processus était traçable et clairement annoncé. Ce pari c’est Myriam Underwood qui la relevé en créant ses produits « La révolution textile ». Myriam nous raconte son parcours semé d’embûches mais fort en convictions.

Ce projet m’a largement inspiré dans la création de mes propres produits, de mon éthique, de ma démarche. Elle m’a fait découvrir le lin, cette belle matière, cultivée en France.

C’est la raison pour laquelle, je voulais vous partager ce coup de cœur !

 

1. Qui est Myriam, quel est ton parcours ?

J’ai fait des études de langues et de commerce à Lyon puis j’ai passé quelques années au Japon où j’organisais des événements culturel. C’est d’ailleurs au Japon que j’ai réalisé que je souhaitais vraiment travailler dans la mode.


J’ai donc intégré l’Institut Français de la Mode (IFM) pour une année pendant laquelle j’ai tout appris. 7 ans et plusieurs jobs d’acheteuse, chef de projet et chef de produit plus tard, je me suis retrouvée à Toulouse sans emploi.


Cela faisait déjà quelques temps que je me posais des questions sur les conditions de travail des travailleurs du textile, le bilan carbone, les problèmes d’environnement, … tout en constatant qu’on trouvait de moins en moins d’usines de textile en France. Au chômage, j’ai réellement commencé à me documenter sur ces questions.


Et je suis tombée de haut !

 

2.  Depuis combien de temps existe « La Révolution Textile » ? quelles ont été tes motivations pour créer ta propre entreprise, tes propres produits ?

 

J’ai décidé de créer ma société, JUSTE, et la marque La Révolution Textile en 2013. La boutique en ligne est ouverte depuis septembre 2014.

J’avais ouvert les yeux en 2011 sur tout ce qui ne va pas dans le textile et je voulais voir s’il était encore possible de créer une ligne de produits 100% en France, dans les meilleures conditions possibles. Un produit qui regrouperait toutes mes valeurs : la traçabilité, le local, l’écologie et depuis 2016, le véganisme.

3. Comment choisis tu tes matières, crées-tu tes modèles ? Est-il facile de trouver des matières premières correspondant à l’éthique de « la révolution textile » ?

Je suis partie de la seule matière locale et écologique que j’ai pu trouver en quantité et adaptée à un process industriel : le lin.

Mais ça n’a pas été simple puisque le seul filateur français me demandait au départ d’en acheter au minimum 1 demi-tonne ! Il a fallu ensuite trouver une usine de teinture française qui sache travailler le lin et soit certifiée Oeko-Tex. Trouver un tricoteur en Fran