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recette traitement antifongique (mildiou et autres …)

Voilà bien mon ennemi juré dans mon jardin : le mildiou ! Une région où il ne fait pas très chaud, un environnement un peu humide ( des marais tout prêt), Bref l’environnement favori de ce champignon tueur de tomates ! GRRRRR !

tomates touchées par le mildiou

Car pour mieux combattre un problème, il faut en connaître l’environnement propice. Pour le mildiou une température entre 20 et 30°c et une atmosphère humide. En dessous de 20° et au dessus de 30°, la croissance du « champignon » est ralentie voir inhibée.

Le mildiou, ou plutôt les mildious, car il y en a plusieurs, sont  des parasites microscopiques proches des champignons. Ils sont présents dans le sol sous forme de spores et se développent dès que les conditions sont favorables. Ils peuvent s’attaquer à différentes plantes dont les tomates, pomme de terre, vignes, fraises …

Alors comment éviter la prolifération du mildiou ?

  • planter dans des zones bien exposées au soleil pour que la rosée du matin ne reste pas trop longtemps,
  • espacer les plans pour éviter la prolifération de proche en proche,
  • utiliser des plans résistants ou plus résistants, certaines variétés sont réputées,
  • supprimer les parties atteintes
  • ne pas laisser sur place des plans atteints
  • réaliser une rotation des cultures

Voilà différentes idées que je trouve dans le net. J’en ai essayer certaines, sans réelle réussite. Et au cours de l’été, parfois dès juin, je vois poindre des tâches sur les pieds de tomates.

 

Comment traiter un plan atteint ?

A ma connaissance, il n’existe pas, en agriculture biologique, de traitement curatif. Une fois qu’un pied est atteint, on ne peut pas déloger le mildiou. On peut cependant ralentir sa prolifération pour ne pas trop affaiblir le pied et pour éviter la propagation sur d’autres pieds.

Le traitement généralement utilisé en agriculture bio est la bouillie bordelaise contenant du cuivre qui inhibe le développement du mildiou. Cependant, le cuivre est un métal lourd et …. peut s’accumuler dans le sol, perturbe la vie du sol … donc je me résignais à l’utiliser, mais j’en étais pas très fière.

Une alternative à la bouillie bordelaise

Alors quelle fut ma surprise, dans mes recherches sur le net de trouver une autre alternative, moins polluante et qui semblait, selon mes lectures, être tout aussi efficace : le bicarbonate de soude ! non encore lui !

Il semblerait que le mildiou est besoin d’un milieu acide pour se propager. Hors le bicarbonate de soude augmente le pH, ce qui perturbe la croissance du champignon. Trop simple pour être vrai ? Effectivement, j’ai été très dubitative. Mais j’ai testé l’année dernière lors de la première invasion. Et je n’ai pu que constaté que, si l’atteinte n’est pas trop importante, le développement de la tâche est stoppée. Elle change même de couleur (passe du brun-noir à gris). Cependant le bicarbonate de soude nécessite une pulvérisation fréquente, tous les 10 à 15 jours, en période sèche et tous les semaines si le temps est propice. Mais il est biodégradable et très bien toléré par l’environnement (dès lors qu’on ne fait pas une aspersion à grand volume sur le sol).

Comment l’utiliser – faire une solution mère (plus pratique)

ingrédients :

  • 150 g de bicarbonate de soude
  • 1,5 litre d’eau
  • 1 cc de savon noir

recette :

1/ faire chauffer l’eau. Plus l’eau est chaude et plus le bicarbonate de soude est soluble. Par contre, il ne faut pas le chauffer trop car au dessus de 50 °c, le bicarbonate de soude de dissocie et émet du CO2.

2/ Ajouter le bicarbonate de soude et bien mélanger

3/ Ajouter le savon noir.

4/ Laisser refroidir et mettre dans une bouteille.

Vous obtenez, ainsi, une solution mère de 1,5l concentrée à 100g/l de bicarbonate de soude. Le savon noir sert de mouillant (favorise l’accroche sur les feuilles).

A l’usage, cette solution sera diluée en prenant 250 ml de cette solution mère dans 5l d’eau ou 50 ml dans un litre d’eau (en fonction du volume du pulvérisateur), afin d’obtenir une solution de bicarbonate de soude à 5g/l .

Comme tout autre traitement, on le pulvérise sur les plans de tomates, plutôt le soir, pour ne pas brûler les feuilles.

 

Alors navrée, j’ai pris des photos l’année dernière avant et après traitement, mais je ne les retrouve plus, flûte et zut! C’est promis dès que l’invasion commence je vous prends tout ça et vous les mets.

Et toi, quel est ton soucis majeur dans ton jardin, sur ton balcon ?

 

 

 

interview du collectif Permaculture 44

J’ai découvert la permaculture grâce au film Demain et le beau projet de la Ferme de Bec Helloin. J’ai donc voulu en savoir plus et me suis fait offrir par mon chéri à Noël (2015) un stage d’initiation en permaculture près de chez moi. Et quelle fût ma découverte de comprendre qu’en modifiant certaines de mes pratiques, j’étais déjà en chemin vers cette philosophie de vie basée sur l’observation et le respect de la nature.

C’est tout naturellement que je me suis rendu à une des réunions du collectif Permaculture 44 (pas encore association à ce moment là). J’ai donc eu envie de vous les faire découvrir :

– Qui est le collectif permaculture 44 ?

L’association Permaculture est née en décembre 2016, elle poursuit l’action du collectif informel Permaculture 44. Nous sommes devenu une association pour profiter des possibilités offertes aux structures associatives : prêt de salle par la mairie de Nantes, être un interlocuteur pour les institutions. Et aussi pour permettre l’implication dans une structure claire des personnes le souhaitant.

 

– Quelles sont les buts de l’association ?

Les buts de l’association sont de fédérer les acteurs de la permaculture dans la Loire Atlantique et de faire la promotion de la permaculture auprès du grand public. Nous organisons donc des ciné-débat, des conférences-débat, des rencontres, des chantiers participatifs et allons proposer notre première initiation à la permaculture en juin de cette année.

 

– Qu’est ce que la permaculture ?

La permaculture, comme son nom ne l’indique pas, est une méthode de conception qui vise à concevoir et entretenir des communautés autonomes et résilientes, en utilisant la connaissance des lois et des cycles de la nature. Concrètement cela se traduit par beaucoup d’observation et la planification consciente des différentes étapes de l’implémentation.

– Comment commencer en permaculture ?

Lire des livres, regarder des vidéos (youtube regorge de vidéos sur la permaculture) reste limité.

Faire un PDC (Permaculture Design Course) ou un CCP (Cours Certifié en Permaculture), ce qui, en pratique, est la même chose, permet d’appréhender la permaculture dans son ensemble et de la vivre pendant une période de quinze jours.

Faire siennes les trois éthiques de la permaculture ne peut qu’aider : Prendre soin de l’Homme, Prendre soin de la Terre, partager équitablement.

 

– Avez vous des lectures à nous conseiller ?

Sur le plan de la philosophie, le livre « La révolution d’un seul brin de paille » écrit par Masanobu Fukuoka, l’un des précurseurs de la permaculture est une perle.

Sur le plan de théorie le livre « Permaculture » de David Holmgren, tout en étant d’une lecture pas si aisée, est très intéressant.

Sur le plan de la mise en pratique, il y a plusieurs livres : « La permaculture de Sepp Holzer » par Sepp Holzer, « La permaculture en pratique » de Jessi Bloom, David Boehnlein et Paul Kearsley. « manuel d’apprentissage pas à pas de la permaculture » de Rosemary morrow.

En permaculture humaine, on peut trouver « Le guide pratique de l’intelligence collective » de Laure Le Douarec, « Vivre autrement » de Robina Mc Curdy.

– Que voulez vous nous dire de plus ?

La permaculture représente un changement de paradigme, et donne à voir un avenir désirable puisque construit par nous, pour nous.

C’est un changement de paradigme à plusieurs titre :

  • Il ne s’agit plus d’imposer sa vision des choses, ou de se faire imposer une vision des choses.
  • Il ne s’agit plus de se battre contre la nature, mais d’aller dans son sens en tentant de l’influencer un peu pour nourrir nos besoins.
  • Il s’agit d’inclure l’Homme dans la nature après qu’il s’en soit exclue de lui même pendant des siècles.

Les trois éthiques qui sont au centre de la conception permaculturelle et les douze principes techniques sont à contre courant des habitudes que l’humanité civilisée a prise depuis deux millénaires. Supportables par la biosphère pendant un temps, elles ne le sont plus.

Pour aller plus loin, retrouvez Permaculture 44 sur la toile :

le site de permaculture44, la page Facebook,  compte twitter et une chaine youtube

recettes de désherbant naturel

Longtemps, j’ai désherbé en utilisant du glyphosate. Ce produit me semblait simple d’utilisation, efficace et j’avais une véritable haine envers ses mauvaises herbes qui gâchaient l’esthétisme de mon jardin. Et puis tout le monde l’utilisait !

Il y a 7 ans, à cette même période de l’année, je faisais donc mon petit rituel de désherbage printanier et je traitais ma cour, sans protections bien évidemment. Un petit coup de vent, et, hop, du glyphosate dans la figure ! J’étais enceinte de ma première fille. Et, va savoir pourquoi, je pris conscience du danger que je prenais.

Depuis, je n’utilise plus de glyphosate.

haie fruitière

Pourquoi ne pas utiliser du glyphosate ?

mes pratiques pour un jardin zéro déchet

Comment entretenir le jardin ? Tout existe, tout se justifie : il n’y a pas une méthode mais des méthodes. A chacune de trouver celle qui lui convient et qui fonctionne dans son jardin. Voici quelques principes que j’ai développé au cours de ma pratique que je suis et qui nous conviennent (à mon jardin et à moi !). Ces comportements, je les ai acquis au fur et à mesure de mon évolution, recueillies ici ou là dans mes lectures livresques ou sur le net, dans mes rencontres et faites d’essai/erreur. Puis, l’année dernière, lors d’un stage de découverte de la permaculture, j’ai appris que la plupart sont des principes généraux de la permaculture. Dingue ! je faisais de la permaculture sans le savoir !

1- Ta terre tu ne retourneras point

labourer ou ne pas labourer, tel est la question : j’ai choisi de ne pas labourer. Je laisse travailler les vers de terre. Je les nourris et les protège l’hiver et ils me le rendent bien.Couverte pendant l’hiver, la terre est grumeleuse et ne nécessite pas d’être retournée au printemps. Les vers de terre enfouissent les nutriments dans la terre. J’utilise ensuite une biobêche pour aérer la terre et pouvoir faire ainsi mes semis.

La biobêche utilise le même principe que la grelinette, outil emblématique de la permaculture. Elle permet d’aérer la terre sans la retourner.

Gain de temps et d’énergie !

2 – l’eau, tu ne gaspilleras point

Choix de plantes adaptées au terrain, réserve d’eau,  … ici, les plantes n’ont que 2 solutions : s’adapter sans arrosage ou ne pas s’adapter. Je fais des essais de plantations avec des plans achetés ou troqués par 2 à 3 plans. Je les arrose très peu la première année ( à la plantation, puis quelques jours après) et j’observe. Elles se plaisent : je les multiplie ou me réapprovisionne. Elles ne se plaisent pas et dépérissent : je passe à un autre essai. Ainsi l’eau de mes réserves je la réserve (ah ah) au seul jardin potager. gain de temps et d’énergie ! aussi.

3000 l d'eau tombés du ciel

3 – la terre jamais nue tu laisseras

Le paillage : belle invention ou plutôt réinvention. Un binage vaut 2 arrosages, un paillage en vaut 4. Le paillage permet de maintenir l’humidité au pied des plans et donc de réduire les arrosages. Il permet également de réduire le développement des plantes sauvages. En fonction des zones concernées, le paillage sera différent : un paillage durable (débris de bois comme le BRF, écorce de pin, noyaux de pêcher …) pour les massifs d’ornement, un paillage qui se décomposera dans la saison pour le potager (paille, tonte, herbes arrachées …). Sur cette photo prise il y a 2 ans, la paille provient d’un round-baller que m’a laisser mon voisin agriculteur (mes plans de tomates de cette année sont encore loin de mesurer 20 cm !).

Je n’arrose donc pas les massifs d’ornement et le potager 2 fois par semaine au plus. Gain de temps et d’énergie ! encore.

4 –  un voir plusieurs composts tu installeras

Le compost n’est pas nouveau pour moi. Depuis toute petite je vais mettre sur le « fumier » les restes de cuisine. Cette pratique utilisée par mes parents leur avait été apprise par leurs propres parents. Lorsque nous avons eu notre terrain, la première chose à laquelle j’ai pensée, dans le jardin, a été la place du compost.

Depuis, je l’ai rapproché de la cuisine, il y a 3 ans. A cette occasion, j’ai acheté 2 silos en plastique. Mais aujourd’hui, je ne ferai pas la même erreur. Quitte à acheter un composteur, je le choisirais en bois, solide et réparable. Ce qui n’es pas le cas du plastique.

J’espère avoir cette année le temps/l’énergie de fabriquer un composteur avec des palettes. Cela me permettra de placer dans le potager un ou 2 de ces silos pour les herbes folles et les tontes.

Ce compost va ensuite alimenter le potager : retour à la terre !

5  – Trocs et échanges, tu feras

le monde du jardinier amateur est extrêmement généreux. Le jardinier aime échanger ses savoirs, ses productions, découvrir de nouvelles variétés … Vous pourrez toujours trouver quelqu’un qui vous donnera un petit sachet de graines, un petit plan … que du coup, vous prendrez bien soins de bichonner ! Et ça ne vous coûtera pas un sou (mais peut être un petit coup !).

6 – aucun herbicide chimique tu utiliseras

C’est possible, je vous l’assure. Comment faire ?
– changer sa vision « esthétique ». Avoir des graminées au pied de la haie est-ce si inesthétique que ça ? Quand je vois certain bord de maison avec des herbes jaunies en avril, je ne trouve ça pas très beau non plus. Je me suis donc habituée à voir le pied de ma haie légèrement sauvageonne ! De toute façon, lorsque la haie grandit et s’étoffe, elle prend toute la lumière et les herbes « folles » disparaissent (je vous l’assure). Depuis 5 ans je n’en utilise plus. Au prix où ça coûte ! gaine de temps, d’énergie et de sou sou !

– éviter de se tirer une balle dans le pied : je m’explique. Si on ne veux pas de zones à désherber, il ne faut pas en créer : utiliser donc du paillage dans les parterres, éviter les zones à couvert minéral (allées, espaces détentes) … Les allées de mon potager sont enherbées : je n’ai plus qu’à les tondre et faire les bordures une fois par an.

Il me reste l’entrée du garage en gravillon. Je vais tester cette année un/des désherbant(s) naturel(s) …

Je consacrerai un article sur ce sujet.

7 – aucun insecticide, fongicide chimique tu utiliseras

La nature a ses propres moyens de défense. Voyez vous dans la nature des invasions d’insectes, des plantes malades … (il y en a lorsque l’homme s’en mêle). Dans mon livre fétiche sur le jardinage j’y ai lu ceci. Lorsque l’homme arrive sur une parcelle (pour y installer son logis), celle-ci est en équilibre et il n’y a a pas de « ravages ». L’intervention de l’homme qui y introduit de nouvelles espèces (plants d’ornement, du potager …) détruit cet équilibre. A lui, de permettre au jardin de retrouver un nouvel équilibre différent.

J’aime beaucoup cette vision.

Donc favorisons la venue des auxiliaires (insectes, reptiles, mammifères …), utilisons des potions naturelles voir magiques (purins, décoctions, savon noir, huiles essentielles …) et en cas de cas graves uniquement utilisons des produits autorisés en pratiques biologiques (pyrèthre, ferramol, bouillie bordelaise …). Je raconte ici une belle histoire de coccinelle et de pucerons.





8 – Toute vie tu respecteras et accueilleras

Quelle qu’elle soit : petite bête du bon dieu ou vilain ravageur. D’ailleurs je n’aime pas ce terme, je ne l’emploie jamais. Certains n’aime pas les taupes : elles font des bosses, creusent des galeries qui soulèvent les massifs. Moi, je les adore, elles ont une jolie petite bouille, mange les limaces et la terre des taupinières est excellente pour les semis. Tout dépend du point de vue où on le se place.

Les pucerons donnent à manger au coccinelle, les larves nourrissent les oiseaux …

9 – Curieux, patient, humble, tu seras

Ce sont vraiment les qualités que développe le jardinage. Il faut être toujours à la recherche de nouvelles variétés, techniques, connaissances … Je suis constamment dans les livres ou sur internet.

Il en faut du temps à une petite graine pour pousser et devenir un arbre fort. Mais surtout, un bon jardinier fait des erreurs, se remets alors en question et retente … La nature quoi qu’il en soit aura toujours raison.

Il y a peu, par exemple, j’ai failli massacrer une larve utile, pas méconnaissance !!

10 – De la nature tu t’inspireras

Le dixième commandement, mais en faite le premier. Car que n’y a t-il de plus inspirant, de plus incroyable, de plus ingénieux que la nature !

 

 

Et toi, quelles sont tes principes de jardinage ?

Thème du mois d’avril – Le jardinage zéro déchet

– Ce mois ci j’avais envie de vous parler jardinage –

– Le début –

C’est une de mes passions. J’ai la chance d’avoir une belle surface pour m’exprimer.

Mes inspirations et le zéro déchet

Pour terminer ce mois-anniversaire, je souhaitais vous parler de mes sources d’inspiration. Comment se renouveler, se questionner, évoluer ? Ce n’est pas toujours facile. J’e m’appuie donc sur des piliers :

 

Ma famille

C’est ma toute première source d’inspiration. Tout ce que je fais, tout ce, à quoi, je réfléchie a ou aura un impact sur elle. C’est mon cocon, mon refuge quand ça barde un peu. Alors lorsque je cherche une alternative, elle doit s’adapter à ma famille et non l’inverse.

Interview de Béa Johnson

Bonjour Béa

Je te remercie beaucoup d’avoir accepté cette interview je suis honorée de te recevoir sur le blog de Sakaïdé.

Ça fait un peu plus de 3 ans que j’ai lu ton livre et que j’ai démarré cette démarche de réduction des déchets. J’ai commencé le blog, peu de temps après.

Dans le cadre de l’anniversaire j’ai envie d’interroger les gens qui, durant ces 3 années, m’ont inspirées. Et j’ai évidemment pensé à toi.

Est-il encore nécessaire de te présenter ?

En tout cas, je pense que mes lecteurs te connaissent bien.

Tu es l’auteure du livre Zéro Déchet. Tu habites aux Etats Unis, près de San Francisco, avec ta famille. Tes 2 garçons ont 15 et 17 ans, et comme tu le dis, ils ont vécu plus de la moitié de leur vie en mode zéro déchet !

©foceno pro www.bezobalu.org
Pour quelles raisons vous êtes vous lancé dans ce défi relativement dingue étant donné notre époque ? Qu’est ce qui vous a motivé ?

En 2006, nous habitions dans une maison en dehors de San Francisco. Mais il fallait prendre la voiture pour aller partout. Nous avons voulu nous rapprocher du centre ville. Nous voulions avoir la vie que nous avions connu dans les grandes villes dans lesquelles nous avions déjà vécu (Londres, Amsterdam et Paris) et pouvoir tout faire à pied ou à vélo. Avant de trouver la maison idéale, nous avons loué un appartement pendant un an et mis nos affaires dans un garde meuble. Nous n’avons vécu qu’avec le nécessaire. Nous avons alors constaté que, quand nous vivons avec moins, nous avons plus de temps pour nous concentrer sur ce qui est important : plus de temps pour la famille, les amis, les activités. Alors, lorsque nous avons trouvé la maison en centre ville qui nous intéressait, nous avons  tout sorti du garde meuble. Là nous nous sommes rendu compte que 80 % des biens matériels que nous y avions mis ne nous manquaient pas.

Coleman-Rayner | Bea Johnson

C’est aussi grâce à cette simplicité volontaire que nous avons eu le temps de nous éduquer sur les problèmes lié à l’environnement. Ce que nous avons alors découvert, en lisant certains livres et en regardant des documentaires, nous a fortement attristé. Penser au futur que nous allions transmettre à nos enfants, nous a donné la motivation de changer notre façon de consommer.

Mais  il n’y avait bien sûr pas de guide « comment vivre un mode de vie zéro déchet » et, au départ, « zéro déchet » n’était même pas notre objectif. Notre objectif était tout simplement de faire attention  à notre consommation, notre consommation d’eau, d’électricité. Puis ensuite, seulement, je me suis tournée vers les déchets. J’ai alors testé tout un tas de choses jusqu’à certains extrêmes. Puis, à un moment donné, nous nous sommes aperçu que nous étions allés trop loin. Et nous avons laissé tomber les extrêmes. Au fur et à mesure nous avons trouvé un système qui  fonctionnait pour nous. C’est le même système que nous utilisons depuis 2010.

Donc depuis 2010, le zéro déchet est facile, automatique et normal chez nous.

Tu viens de répondre en partie à une de mes questions qui était «  Zéro déchet, a t-il été l’objectif à atteindre  de suite »  donc effectivement, si j’ai bien compris, ce n’est pas ce que vous pensiez  faire dès le début ?

Non pas du tout. Cela a été une démarche progressive.

Le terme zéro déchet, à ce moment là d’ailleurs, n’était utilisé que pour décrire des pratiques industrielles ou de gestion des déchets à l’échelle municipale, comme par exemple la ville de Campanori pour se défendre contre un incinérateur. En lisant cette histoire et en entendant ce terme cela m’a donné l’envie de l’appliquer à la maison. C’est ce qui nous a donné un objectif. C’est vrai si nous n’avons pas d’objectif zéro déchet, si zéro n’est pas l’objectif, dans ce cas là qu’est ce que l’objectif ? Est ce que l’objectif c’est un petit peu moins de déchet, moyennement moins de déchet, un tout petit peu moins de déchet, presque zéro déchet. Non, quand on a zéro en tête, c’est ce qui est l’objectif et c’est ce qui nous aide à pousser les choses au maximum.

Effectivement, Zéro déchet est un objectif à atteindre, même si on sait qu’on ne va pas l’atteindre ça reste un objectif …

Oui, même nous aujourd’hui, nous nous donnons au maximum. Mais avec les pratiques de fabrications actuelles il n’est pas possible d’atteindre zéro déchet dans notre société. Mais on peut s’en approcher grandement.

Et chaque fois que l’on consomme on a le pouvoir  de soutenir des pratiques zéro déchet ou en tout cas de voter pour un futur zéro déchet.

Dans ce cheminement, depuis 2006 quelles ont été tes plus belles réussites ? Tes plus beaux flops ?

La plus belle réussite fut de pouvoir lancer un mouvement global.

Lorsque j’ai démarré, en 2008, lorsque j’ai dit à mon mari que je voulais écrire un blog pour montrer ce que nous faisions à la maison, il m’a dit, « non je te le déconseille car tu vas t’en prendre plein la figure. Tu vas te faire critiquer ». Je n’étais pas d’accord avec lui. J’estimais que c’était important de pouvoir partager les alternatives que nous avions découvertes pour ceux qui s’intéresseraient à réduire les déchets. Et heureusement que je ne l’ai pas écouté. Heureusement également que je n’ai pas écouté les critiques qui sont sorties dès que nous avons exposé notre mode de vie au grand public. Nous nous en sommes alors pris plein la figure. Comme Scott s’y attendait.

La première couverture médiatique que nous avons eu était dans le New York Times en 2010. Et là il y en a plein qui ont dit « je suis sûr que c’est des hippies, poilus, décoiffés qui habitent en pleine cambrousse. Je suis sûr qu’elle se rase pas les pattes ». Certains ont même dit  « mais c’est dégueulasse ce qu’ils font  à leurs enfants, c’est les priver ! » . Là on s’est mis à rigoler avec Scott  quand on a lu ça. Car est-ce qu’on peut vraiment dire que nous privons nos enfants parce qu’au lieu d’aller au MacDo nous les  les amenons dans un vrai restaurant avec de vrais couverts, de vrais assiettes, de la vraie bouffe !  Est-ce qu’on peut dire que nous privons nos enfants parce qu’ils ont fait de vraies activités que les autres ne peuvent pas se permettre de faire parce que, justement, l’argent est dépensé dans des choses qui se jettent. Ce qui n’est pas notre cas. Donc j’ai lu les critiques, mais je les ai pas écoutées. J’ai continué. Et je suis contente de ne pas avoir les écoutées. Je me serais arrêtée et le mouvement ne serait peut-être pas né.

Coleman-Rayner | Bea Johnson
Et le plus gros Flop ?

Le biggest flop ?  Heu … je suis en fait une personne très positive, alors je ne les vois pas …  Le plus difficile a été de trouver les alternatives qui marchent pour nous. Aller dans les extrêmes, ça a été un flop, hein. Utiliser du bicarbonate sur mes cheveux pendant 6 mois, je suis devenue une femme que je ne reconnaissais plus. Avoir essayer l’ortie sur les lèvres, ça fait mal. La mousse comme papier Q, ça fait mal aussi… , c’était des flops. Mais ce ne sont pas des choses que je regrette parce que ça fait partie de notre évolution et il fallait passer par ça, tester les extrêmes pour tester les différentes alternatives. Il y a d’autres alternatives, je me suis dit, non, là, je ne vais pas l’adopter. Et en les essayant, je me suis dit, du coup c’est pas mal. Je suis vraiment heureuse de l’avoir essayé. Il est important de garder un esprit ouvert et son humour quand on teste un tas de chose. Ce sont des choses que je ne regrette pas car ça nous a permis de trouver notre système, un équilibre qui nous convient.

Ce que j’ai découvert, grâce à toi, c’est la coupe menstruelle,  et je ne m’en passerais vraiment plus du tout…

Voilà, ça c’est un exemple que je donne automatiquement quand on me demande « est ce qu’il y a des choses que tu as découvert et que tu regrettes de ne pas l’avoir fait avant ? »

©Sakaïdé

J’en parle tout le temps.  La coupe menstruelle, c’est d’enfer !

Je crois qu’il y a toute une communauté, un mouvement qui s’est créé autour de ça, car les femmes qui l’essaient ne peuvent plus retourner en arrière. C’est un exemple parfait, comme tout un tas de choses que nous avons adoptées à la maison, d’objets réutilisables. On se rend compte du fric qu’on a mis par les fenêtres en achetant des trucs jetables.

Et qui ne nous apportent pas de bien être en plus …

Rien du tout. C’est tout le contraire ! Ça prend du temps d’acheter les produits à usage unique. Pour les acheter, il faut aller au magasin. Ensuite il faut les ramener chez nous, les trimballer 36 marches pour les emmener sur le palier. Ensuite il faut les stocker. Quand on les utilise, il faut les sortir de leur emballage, les trier, les jeter, et remplir un sac poubelle (qu’on a aussi acheté). Il faut descendre le tout sur le trottoir pour que ce soit ramassé. Ensuite il faut retourner en magasin en racheter… Lorsqu’on adopte un mode de vie zéro déchet, qu’on choisit des produits réutilisables, on se rend compte du temps et de l’argent que l’on a gaspillé à acheter des produits complètement inutiles.

Mais cette société de consommation a été créée par des fabricants et leur marketeurs qui sont extrêmement forts. Leur boulot est de créer en nous des besoins complètement futiles. Ils ont réussi à créer une société de consommation qui ne peut plus fonctionner sans ces produits jetables.

Quand je donne des conférences dans des écoles, je vois souvent des enfants qui lèvent la main pour me demander :  «  mais qu’est ce qu’on fait de vos mouchoirs en tissu après les avoir utilisés ? » Ils me demandent : « vous  les compostez après ? » Non , je leur répond :  «  on les lave et on les réutilise ». Ils me répondent alors  : « beurk c’est dégueulasse ! » Ce qui montre en faite que cette génération là est complètement déconnectée des produits réutilisables et, souvent, ils ne les connaissent pas car ils ne sont pas utilisés à la maison.

Que ressens-tu en sachant que tu inspires autant de personnes ?

C’est un énorme honneur d’avoir pu inspirer autant de personnes et surtout de voir tout ce qui en a émané, comme des sociétés comme la tienne, mais aussi tous les magasins de vrac qui s’ouvrent. Chaque semaine je reçois différents mails de personnes qui, de part le monde, le font et je trouve ça vraiment fabuleux de voir comment cela avance. Et j’ai un énorme respect pour ceux qui en ont fait aussi leur travail, ceux qui ont lancé des initiatives, comme la tienne, pour permettre aux autres d’adopter un mode de vie zéro déchet, pour simplifier le zéro déchet aux autres.

Un film m’a énormément inspiré, j’espère que tu l’as vu, c’est le film Demain …

C’est une question que 80 % des français me pose. C’est un film que je n’ai pas pu voir parce que lorsqu’il est sorti en France et il n’était pas disponible en Californie. Je ne sais pas si aujourd’hui il l’est. Ceci dit d’après les retours que j’en ai eu, j’ai appris qu’ils parlent de la ville de San Francisco. Ceux qui connaissent bien San Francisco ne sont pas très enthousiastes que cette ville ait été prise comme exemple. Car le zéro déchet signifie tout autre chose pour la ville de San Francisco que pour un foyer zéro déchet.  Pour eux ce n’est pas Zéro déchet leur objectif, c’est 100 % recyclables, 100 % compostables. Il y a très peu de travail fait autour de la prévention des déchets.

D’ailleurs la ville de Roubaix qui a ce même objectif de Zéro Déchet a fait un énorme travail autour de la prévention des déchets. Il y a tout un tas d’ateliers proposés, pour parler de la prévention avant tout. Dans la ville de San Francisco cela n’a jamais été leur objectif. Cette ville veut que leurs citoyens continuent de consommer. Ils ne cherchent pas à ce qu’ils consomment moins car ils se remplissent les poches avec les matières qui sont recyclables et compostables.

Cependant, je trouve que c’est intéressant qu’il l’ai inclus dans le documentaire car ça peut au moins donner envie à d’autres villes de s’engager et peut être de le faire. A nouveau, j’aurais 100 fois préféré que ce documentaire reste en France pour montrer tout ce qui se fait dans la ville de Roubaix par exemple. Car elle a un vrai objectif Zéro Déchet.

… Et toi alors, quel monde aimerais tu voir demain ?

Bien sûr, je rêve d’un futur Zéro Déchet pour mes enfants, c’est ce qui m’a incité à me lancer.

Justement, il y a déjà en place les initiatives pour avoir une société Zéro Déchet.  Beaucoup des alternatives que j’utilise, je les ai trouvées de part le monde : le furoshiki, c’est le Japon, le Kohl que j’utilise pour les yeux, le contenant vient du Maroc et j’ai appris à l’appliquer en Inde. Il y a des choses qui viennent du sud de la France, de ma mère, comme faire les anchois. Il y a un tas de choses que j’ai appris au cours de mes voyages. Il y a de part le monde des initiatives pour une société Zéro Déchet. Il suffit de pouvoir communiquer, de pouvoir les partager, pour qu’elles soient toutes coordonnées et appliquées sur un même lieu.

Je te remercie Béa pour ce moment d’échange.

Merci à toi mille fois pour tout ce que tu fais, on a besoin de toi pour justement faciliter le Zéro Déchet pour tout un tas de personnes. C’est grâce à des initiatives comme la tienne qu’on peut avancer sur le bon chemin.

A bientôt